Portrait de Eve Marzat, fondatrice de Troisoeurs

Aujourd’hui, nous sommes ravis de vous présenter Eve Marzat, la créatrice de l’audacieuse marque pour enfant « Troisoeurs« .

Toulousaine au parcours épatant dans l’univers de la mode, nous la rencontrons avec un plaisir non dissimulé. Portrait d’une femme comme nous les aimons chez Mother in Town.

Un univers à la fois rétro, kitsch et romantique, empreints de nostalgie

  • Que faisiez vous avant de devenir la créatrice/ directrice/ fondatrice de Troisoeurs ?

Originaire de la région, j’ai suivi une formation de Créateur Design de Mode à l’école ESIM mode, au sein de la ville Rose.

Après plusieurs stages effectués pour la majorité sur Paris (Manoush, Vanessa Bruno, Comptoir des Cotonniers, Bureau de presse Catherine Miran), j’ai occupé le poste de Styliste Junior PAP femme pendant presque 10 ans auprès de l’enseigne Manoush.

  • Comment vous est venu le désir de créer Troisoeurs ?

Comme le suggère le nom de la marque, je suis issue d’une fratrie de Trois sœurs (Julie, Eve et Isis).
Éternelles amoureuses du vêtement et élevées dans la passion de la mode et de l’art en général, nous avons toujours eu en tête de créer un jour un vestiaire enfantin à notre image, comme une réminiscence à nos souvenirs d’enfance. Comme nous ne trouvions pas sur le marché ce à quoi nous aspirions pour nos bambins et que nos petites « caboches » fourmillaient d’idées, nous réfléchissions à un univers à la fois rétro, kitsch et romantique, empreints de nostalgie qui définirait nos trois personnalités. Bref une histoire de sœurs, l’histoire de Troisoeurs était née…

Nous aimions cette idée de malle aux trésors, de réunions de famille, suggérées à travers un vestiaire d’enfant. Troisoeurs c’est aussi beaucoup d’humour, un mélange des genres, on ne se prend pas au sérieux et par-dessus tout on s’habille en s’amusant.
Ainsi, lorsque j’ai quitté mon poste Parisien, et que je suis retournée dans la ville rose, il est apparu pour moi évident que tout était enfin réuni pour me lancer dans cette aventure !

Mes sœurs et ma famille proche, m’ont toujours poussé dans ce projet, et même si elles sont absentes physiquement à mes côtés aujourd’hui (l’une est à Paris, la seconde à Marseille) elles restent très présentes spirituellement et sont un de mes leitmotiv dans le développement de la marque.

  • Comment réussissez-vous à gérer votre carrière et votre rôle de maman au quotidien ?

Je ne vais pas être très originale en disant que tout repose sur une organisation draconienne, mais c’est un peu (beaucoup) la base !
J’ai la chance d’avoir un mode de garde pour ma fille Giulia, qui me permet de consacrer beaucoup de temps à mon entreprise. A cela s’ajoute l’immense chance d’être bien entourée par ma famille mais aussi et surtout par un mari, indéfectible « fan », qui me soutient énormément dans ce projet.
Évidemment je m’octroie, et j’y tiens absolument, du temps libre avec Giulia , en semaine ainsi que le week end, où je « tente » de déconnecter de tout, afin de lui organiser diverses activités et de m’adonner totalement à elle.

  • Avez-vous le sentiment qu’aujourd’hui encore, il soit plus difficile pour une femme d’être à la fois mère et à la tête d’une entreprise ?

Aujourd’hui notre société moderne est fortement féminisée (pour ce qui est de la France). Il y a quelques années encore, il était inconcevable qu’une femme puisse s’épanouir indépendamment dans un projet professionnel lorsqu’elle devenait « maman ». Avec sa grande émancipation surtout au cours des 50 dernières années, il est de monnaie courante de rencontrer des femmes, devenues mères, se lançant dans des projets d’entreprenariats. Leur démarche et statut sont pris au sérieux, et il n’y a pas (ou presque) plus de distinguo vis-à-vis du genre masculin.

Alors oui, il est vrai que cela prend plus de temps, car on ne peut pas se le cacher et ceci reste immuable, une femme doit encore endosser bien des rôles : celui de femme, épouse, mère, maîtresse de maison…mais les choses ont évolué et le sexe féminin tant même à prendre le pas sur le masculin. Aujourd’hui ce qui distingue les 2 sexes n’est plus que d’ordre sexuel ou d’apparence, mais plus rien ne les distingue dans leur rôle social. (mais là je rentre dans un autre débat !)

Ce qui me paraît le plus difficile n’est pas tant d’être entrepreneuse et « mère » à la fois, mais plutôt le sentiment des fois de « rater » des choses dans l‘évolution de nos enfants, car porter un tel projet à bout de bras c’est comme avoir un autre bébé, même plus accaparant ! Il faut lui accorder beaucoup (beaucoup) de temps, d’investissement physique et moral et j’en passe ! Alors quelques fois je me sens un peu coupable de ne pas destiner toute cette énergie à ma fille. Mais je pense, et j’en suis sûre, que si elle a une maman épanouie, alors cela se ressentira à travers elle…

  • Quels sont vos lieux kids friendly favoris sur Toulouse ?

Étant très proche du jardin des plantes, mes coups de cœur se portent évidement sur le muséum d’histoires naturelles ainsi que le quai des savoirs ! Ma fille me demande encore et encore d’y revenir…ou bien c’est la fabuleuse boutique du muséum qui l’attire autant 😉
J’ai beaucoup aimé amener Giulia au cours d’éveil musical de Mom’en sol, un moment privilégié partagé avec elle.
L’inévitable halles aux machines et son univers chimérique, interpellant l’imaginaire de nos enfants et dans la même lignée « le beau manège » au jardin du musée des Abattoirs.
La boutique Marc Deloche et ses bijoux incontournables.
Et pour finir le Mama shelter et ses brunchs endimanchés, où l’on passe de savoureux dimanches en famille hors du temps (et surtout ses ateliers @motherintown !)

  • Quels conseils donneriez-vous à une maman qui souhaiterait se lancer dans l’entreprenariat ?

Là aussi je ne vais pas faire dans l’originalité mais se lancer dans l’entreprenariat en étant « maman » c’est avoir conscience que l’on « enfante » une autre fois, sur une très longue durée cette fois-ci !
Patience, rigueur, discipline, persévérance et beaucoup de passion sont les mots qui me viennent spontanément à l’esprit. Savoir s’entourer, savoir déléguer, être curieuse et s’armer de courage !
Ça peut paraître beaucoup et je ne vous cache pas que ce n’est pas tout rose tous les jours, mais se lancer vaut vraiment la peine, et avant d’être une expérience professionnelle c’est une expérience humaine magique, où l’on apprend beaucoup des autres mais aussi et surtout sur soi-même…

  • C’est quoi pour vous la définition d’une Mother in Town ?

Une « mother in town », c’est une femme moderne, active, libre et indépendante, plutôt urbaine, qui vit avec son temps. Un peu curieuse et investigatrice, elle jongle entre sa vie de famille et sa vie professionnelle avec brio ! En fait c’est toi, Jessica… !